La petite suisse latine Punta del Diablo, Uruguay

11/06/2014

Jeudi : 19 km pour 1h34
C'est avec des vélos bien révisés et impatients de reprendre la route qu'on arrive au poste de douane de Colonia. Une fois renseigné sur ma nationalité, le douanier uruguayen me lance "Allez les Bleus" puis malgré l'optimisme du Jéjé, il lui assure que la France ne gagnera pas la Coupe du Monde ... cette fois-ci ! Hummm, voilà que le plus petit pays d'Amérique du sud a de fortes ambitions pour le Mundial, on va les suivre de prêt !

Vendredi : 88 km pour 6h50
Je commence la journée avec le sourire, j'ai débusqué notre produit miracle argentin dans une supérette : le Mantecol, notre EPO à nous, notre injection de sucre et de graisse quotidienne qui remplace sans soucis la plaquette de chocolat français. La confiserie qu'il ne faut pas laisser trop longtemps dans les mains du Jéjé qui serait tenté de pousser les limites de l'overdose à chaque nouvelle occasion !
Alors que nos corps réapprennent peu à peu à dompter les vélos, Javier le cyclo déboule à grande vitesse pour un brin de causette. Il voyage ultra léger car il s'est fait voler tout son matos à Mendoza, en Argentine. Il a trouvé du travail à Buenos Aires mais il s'est fait enfumer la moitié de sa paie par son employeur ... alors le voilà reparti sur la route avec les moyens du bord : un vélo de course de 25 ans d'âge, un sac sur le dos ; une veste déchirée et 3 frusques fixées en équilibre sur son porte bagage. A chacun sa façon de voyager !

Samedi : 89 km pour 7h05
On s'active dès le point du jour ce matin par peur de se faire attaquer par une bande de bambinos survoltés. Hier soir, alors que la nuit tombait et on n'avait pas trouvé d'autre endroit où camper, on a pris le risque de squatter la pelouse d'une école primaire, en se demandant s'il y avait école le samedi. Mais pas d'école, on décolle donc tranquille.
Le temps est pluvieux, des champs et marécages à perte de vue, "un uruguayen pour 3 vaches" qu'ils disent ici, autant vous dire que j'ai rapidement cessé de dire bonjour aux vaches ! A 6km de l'arrivée alors que je change ma chambre à air arrière, je me rends compte que la pluie ne nous a pas lâché les baskets de la journée et qu'on a plutôt froid en s'arrêtant, trempés jusqu'à l'os qu'on est. On trouve la maison de Gabriella, cachée dans la campagne de Montevideo, entre une prison pour hommes et la maison du président du pays. Crêpes et thé de bienvenue, elle nous raconte son implication dans son association de vélo et nous invite à une manifestation de deux roues le lendemain.

Dimanche : 80 km pour 5h27
La visite de Montevideo, un dimanche matin, sous un soleil radieux, ça vaut le coup d'oeil. On s'autorise d'abord un petit tour sur la rade au milieu des pêcheurs qui se demandent si on va effrayer le poisson ou au contraire attiser sa curiosité. Puis on suit la côte vers le nord, c'est un mélange entre la prairie des Filtres et la promenade des Anglais. C'est visiblement l'endroit idéal pour se détendre dans la capitale, on slalome joyeusement entre les joggers et cyclistes, les familles ou groupe d'amis partageant le maté, les chiens à mamies accoutrés de petits manteaux plus ridicules les uns que les autres.
Les journées sont décidément trop courtes en hiver, et une fois de plus la nuit nous guette avant que l'on ait trouvé où dormir. On demande à la concierge d'un centre sportif, très sympa et ultra fan de foot, mais elle ne peut malheureusement pas nous autoriser à camper ... et c'est tant mieux car Jéjé nous dégote un joli emplacement dans les dunes, pile poil pour profiter des couleurs du coucher de soleil sur l'océan.

Lundi : 94 km pour 6h09
Plus on se rapproche de Puenta del Est, plus les forêts de pins laissent place à un bord de mer impeccablement aménagé avec de belles pelouses grasses et des villas luxueuses. Le vent dans le dos, on laisse ce décor de sitcom défiler sous nos yeux, notre priorité est ailleurs : trouver une recharge de gaz adaptée à notre matériel. Après 6 magasins visités, on abdique. Il n'y a plus qu'à croiser les doigts pour trouver le bon format de cartouche au Brésil, sinon on va devoir apprendre à se passer d'eau chaude pour le petit déjeuner et le dîner d'ici peu !
Anita vient de terminer son cours individuel en psychologie, et nous accueille chaleureusement dans son nid douillet pour y passer la nuit. Ayant elle même voyagé à vélo et écrit une thèse sur les cyclotouristes, l'accroche est facile et on échange passionnément sur l'esprit du voyage à vélo.

Mardi : 95 km pour 7h26
On nous a conseillé d'abandonner la ruta 9 et sa circulation de poids lourds pour longer le bord de mer. Effectivement, on est presque seul sur cette route, le bleu de l'océan à droite, les résidences de vacances inhabitées à gauche, on avance à bon rythme jusqu'au passage en barge d'une première lagune. On retrouve presque avec nostalgie un ripio pas bien méchant sur une trentaine de kilomètres. La seconde lagune n'est accessible qu'à la nage à cette période de l'année, et malgré les tentatives pour essayer cet "itinéraire exceptionnel pour les vélos", dixit un Jéjé qui se voyait déjà en train de raconter sa quasi noyade au milieu du gué, on finit par ratrapper la ruta 9, et faire un détour de 50 km. La ville de Rocha nous accueille de nuit dans un froid vif. On hésite quelques secondes à pousser notre route jusqu'à la côte (soit 30km de plus). Munie de mes yeux de biche et d'un début de bronchite assez intimidant, je persuade Jéjé de dormir à l'hôtel cette nuit.

Mercredi : 34 km pour 2h25
Ma bronchite forcit dans la nuit, je tousse comme une damnée, secouée par une toux incontrôlable, heureusement, l'étape de la journée est courte. En arrivant sur la côte, le village balnéaire est désert et les hébergements sont limités ; un surfeur a pitié de nous et nous ouvre son dortoir qu'il équipe généreusement avec frigo/gaz/vaisselle comme si on s'installait pour toute la saison de surf ; ça tombe bien, il est temps pour nous de faire une pause après 500 km de vélo.
Et puis demain, c'est le démarrage de la Coupe du Monde ; certes on est encore à 2 jours de route de la frontière brésilienne, à la bourre sur le programme, mais ça nous permettra de tester l'ambiance des premiers matchs en Uruguay...

Berga

Pris sur le vif

Déjà parcouru

     1186 km      17053 km
     168 km      232 km
     6342 m (6)


Où sommes nous ?


Date : 13/08/2014
Lieu : Saugnac et Cambran, France
Déplacement : Repos
Direction :

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