Noticias do Mundial (3) Ipajai, Brésil

30/06/2014

Mardi : Japon 1 - Colombie 4
Supermarché Holfsmann, Garopaba, Brésil. Aujourd'hui, on a failli ajouter un compagnon à notre aventure à vélo. Pendant la pause déjeuner, Berga est tombée amoureuse de 'tit chat, client habituel d'une station service et des restes de nourriture laissés par les camionneurs. Il s'en est fallu d'un rien pour que la boule de poils grimpe dans une de nos sacoches. J'ai dû argumenter, dire à Berga qu'on aurait du mal à communiquer avec un chaton brésilien, et enfin lui promettre que la prochaine fois on aurait un panier devant le guidon du vélo, un peu plus adapté au transport des animaux de compagnie. Pendant qu'on disserte sur l'amitié entre les hommes et les bêtes, les adeptes du hara-kiri se font étriller par une bande de fous du ballon jouant les lignes. La fête a l'air d'être partout, autant dans les tribunes que sur le terrain. Il n'y a pas à dire, la Colombie en a de la super bonne.

Mercredi : Argentine 3 - Nigeria 2
Camping de Garopaba, Garopaba, Brésil. Cela fait 1/4 d'heure que le propriétaire du camping où on est installé nous fait de grands gestes de bras, pour nous presser de le rejoindre dans son local pour assister au coup d'envoi de Argentine - Nigeria. On fait du mieux qu'on peut, car après avoir installé notre tente, le même proprio a décidé qu'on ne dormirait pas assez bien dans cet abri de toile, que beaucoup de pluie était annoncée dans la soirée, et donc qu'il fallait qu'on emménage dare-dare dans un de ses bungalows tout équipé. Sans aucun coût additionnel bien sûr. On démonte donc notre toile en 4ème vitesse, pour sauter dans le canapé au côté de notre taulier. Assister à un match des Argentins au Brésil, c'est l'une des plus belles contradictions du football : le Brésilien vous dira qu'il ne supporte pas l'Argentine, en déclarant même préférer jeter la Coupe dans les eaux opaques de l'Amazone plutôt que de leur remettre ... mais dans son fort intérieur le Brésilien est un fan des talents exceptionnels du pays des gauchos, et souhaite de tout son coeur une qualification de l'Argentine en finale. Car plus que de gagner la Coupe du Monde, la gagner contre l'Argentine est le rêve de tout un peuple. Et une nouvelle fois Messi fait un pas pour accomplir le souhait de deux nations.

Jeudi : Allemagne 1 - Etats Unis 0
Maison de Emilia et Marco, Florianopolis, Brésil. La maison d'Emilia et Marco est un nid douillet fait en bois et grandes ouvertures sur l'extérieur. Ce couple charmant, d'ascendance française pour elle, nous accueille à l'abri des trombes d'eau qui défigurent le paysage dehors. On est trempés, recouverts de sable et de boue mais heureux d'être au sec et entre de bonnes mains. On les a contactés via un réseau de cyclotouristes, réseau qui nous permet de trouver un pied à terre dans les grosses villes, où la possibilité de trouver un endroit tranquille pour planter une tente est réduite à une peau de chagrin. Bon, ils n'ont pas la télé, on les comprend, car à part la Coupe du Monde et le Tour de France, il n'y a pas vraiment grand chose d'instructif sur le petit écran. Donc on apprend via internet que les Allemands ont stoppé momentanément la marche en avant américaine, par un bon petit V2 boche, suivi d'un mur Atlantique impénétrable. Par contre si on doit retrouver nos voisins germaniques plus tard, pas sûr que la ligne Maginot suffise.

Vendredi : Pas de match
Maison de Emilia et Marco, Florianopolis, Brésil. On regarde la pluie tomber, toute la journée. En attendant, on reprend des forces pour la suite de la compétition. Poisson en papillote, légumes à la béchamel, salades, crêpes, gâteau, tout y passe.

Samedi : Brésil 1 - Chili 1 (3-2 aux tab)
Débit de boissons de Campeche, Florianopolis, Brésil. Cela faisait près de 2h30 que l'on était dans ce local à boissons, coincés entre des caisses de bière et un fût de vin, scotchés devant le grand écran du fond de la salle, comme quelques poivrots et une bande de jeunes, à attendre le but libérateur de Neymar, celui qui devait envoyer le Brésil en quart de finale. Mais le but n'arrivait pas, la tension grandissait, la peur de l'élimination prématurée aussi. Alors malgré l'énorme saucée qui menace, on dit avec Berga "Vamos". On remonte sur nos vélos, on n'assistera pas à la séance aux tirs au but, on saura bien assez tôt qui est qualifié. 1/4 d'heure plus tard, on pédale dans des avenues totalement désertes, devant des devantures de magasin fermées, et sous un nuage éventré qui nous déverse des tonnes de flotte dessus. En longeant l'une des plus grosses favelas de Florianopolis, on sent soudainement une rumeur enfler, faire vibrer la terre et déplacer les nuages, pour éclater dans un concert de klaxons, de pétards, et de bombes, en un grand arc en ciel de joie et d'exultations. Cette fois c'est sûr, la belle équipe du Chili restera aux quais des 1/8è de finale. On est déçu pour eux, ils méritaient mieux, mais on est bien heureux de voir enfin le colosse Brésilien se réveiller et se dresser derrière son équipe.

Dimanche : Grèce 1 - Costa Rica 1 (3-5 aux tab)
Maison d'Andressa, Meia Praia, Brésil. Andressa a une particularité, celle d'être une excellente cuisinière. Alors quand elle nous propose de nous préparer un petit risotto aux oignons, mieux vaut qu'on ne surenchérisse pas avec une de nos spécialités, car on risque de décevoir tout le monde, sa famille et nous en particulier. Sur la télé qui tourne seule dans le salon, la Grèce et le Costa Rica essaient de s'endormir mutuellement, attaquant par calcul et défendant par nécessité. On fait donc causette, il faut dire que le sujet sur la table (quasiment entièrement féminine) est la chirurgie esthétique. Là où d'autres se cacheraient ou vanteraient une jeunesse éternelle, ici on compare les toubibs, les prix, et les résultats. Une tante botoxée fait admirer ses dernières opérations, en parlant de celles à venir quand sa grossesse sera terminée. Une grand mère se plaint de son mal de tête depuis son opération récente des paupières. Et Berga regarde ses mains à peine fripées par le soleil. T'inquiètes bébé je lui murmure, je t'aimerai comme tu seras.

Lundi : France 2 - Nigeria 0
Maison d'Ana, Ipajai, Brésil. Quand on raconte à Ana notre journée loose pour trouver un café qui diffuse le 1/8ème de finale de la France, pour atterrir finalement dans le bar de chez Pippo dans lequel on est les deux seuls supporteurs, où on hurle à chaque occasion de la France, en criant à Pogba de continuer à tenter et à Benzema de se bouger le cul, et finalement avec un bar qui ferme à peine le coup de sifflet final, alors que la tension n'est pas encore retombée, Ana rit fort, parle beaucoup et nous serre dans ses bras. Car elle est comme ça Ana : le rire entraînant d'une bonne vivante, une bouche pleine de mots rigolos pour commenter ou raconter les choses de la vie, des doigts pour faire des "fuck dou braouzil" aux gens qu'elle n'aime pas, et ils sont nombreux, et des bras jamais assez grands pour donner l'amour qu'elle a dans le coeur. Et quand on lui parle football et Coupe du Monde, Ana résume ce que l'on a senti depuis qu'on est ici auprès des brésiliens : un sentiment mitigé. Il y a eu trop de controverses au sujet de l'argent dépensé et gaspillé pour l'organisation de la Coupe du Monde (particulièrement les stades), alors que bien d'autres secteurs (comme la santé et l'éducation) en manquent cruellement. S'ils sont supporteurs de leur équipe et inconditionnels de football, les Brésiliens aujourd'hui n'ont pas la ferveur qu'on leur aurait donné avant de venir ici ... j'ai le souvenir que la France de 1998 montrait plus d'enthousiasme !

Jéjé

Pris sur le vif

Déjà parcouru

     1186 km      17053 km
     168 km      232 km
     6342 m (6)


Où sommes nous ?


Date : 13/08/2014
Lieu : Saugnac et Cambran, France
Déplacement : Repos
Direction :

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